vendredi 11 mars 2016

Bye bye, moustache

Après un post qui devisait sur la question 'qu'est-ce qu'une femme libre', il m'apparait aujourd'hui crucial d'évoquer un autre sujet de fond de la condition féminine : l'épilation. Il s'est passé l'autre jour un truc surprenant lors de ce petit moment en tête à tête avec mon esthéticienne favorite.

Pendant qu'elle y va franco avec ses bandelettes de cire, elle s'enquit de mes habitudes 'beauté' : "Et vous mettez quoi comme crème? Vous vous maquillez? ça doit faire ressortir vos yeux le rouge à lèvres"

"Bah en l'occurrence, ça fait plutôt ressortir...ma moustache" Aaaargh, j'ai lâché le mot. OK pas vraiment une moustache, disons plutôt un méchant petit duvet qui se voit bien l'hiver sur ma peau claire.

"Vous devriez l'épiler!"

"Ha non non non, j'ose pas! Je l'aime bien ma stachmou, c'est mon doudou de l'hiver, ça me tient chaud'. Nan en fait c'est juste moche, mais j'ai peur que l'épilation excite mon système pileux, et je crains de me transformer en femme à barbe, genre vieille tata qui pique. Je m'imagine après, portant des lunettes de soleil et un passe-montagne pour aller à la boulangerie, tellement je ne pourrai plus affronter les regards extérieures après cette désolante tentative d'éradication du poil.

L'esthéticienne me rassure : 'Meuh non, aucun risque, moi je le fais, je vous assure vous serez contente'. Est-ce l'arrivée du printemps, ou une grosse fatigue qui altère mon jugement? Je m'entends  dire un truc de dingue :'OK on y va!' Sensation grisante de liberté et de révolte!

Tout excitée, elle me barbouille de cire jusqu'aux narines. En 2 coups de bandelette c'est fait, elle devient lyrique : comme je lui dis que ça fait bizarre, elle me dit  'ha bah oui, je vous enlève une partie de vous'. Euh, effectivement, je l'avais pas vu comme ça...Et d'enchaîner sur un ton triomphal :  'hé bien voilà, vous aurez vécu votre première fois avec moi!'.

Et là je me suis retenue d'éclater de rire. Je suis sensée en garder un souvenir ému? Le raconter dans mon journal intime? 'Cher journal, aujourd'hui, il m'est arrivé un truc de ouf : j'me suis fait épiler la moustache! Trop d'émotion!!'

Une nouvelle page se tourne, et sans passe-montagne. Merci Anne :)

dimanche 14 février 2016

dimanche 7 février 2016

Princesse un jour, bonniche toujours


J'ai vu cette jolie phrase taggée récemment sur un mur à côté de chez moi, ça m'a fait sourire. Et interpellé, comme tout ce qui alerte sur les difficultés à être une femme sur cette planète.

Bon être une femme en 2016 en France, c'est plutôt une chance : on pourrait se faire tripoter dans un bus en Inde et plus si affinités, genre violées et assassinées par une bande de brutes qui ne voient pas où est le problème.

Mais notre vie n'en est pas simple pour autant : c'est quoi être une femme libre? C'était le sujet de dissert' du week-end avec mes copines. Et quel est le prix à payer? Car je vous le dis, l'addition est salée. Il faut se battre pour se faire respecter au boulot, par nos mecs, par nos enfants, par la société en général.

C'est un combat de tous les instants car si la liberté et l'autonomie des femmes a - et continue - de progresser, il n'en demeure pas moins qu'on finit souvent par nous reléguer au second plan : au final, une femme qui fait carrière c'est bien, mais ça reste un caprice de sa part, un choix qu'elle fait à ses risques et périls et qui l'éloigne de sa raison d'être : une mère et une épouse, au service de sa famille. Et oui les filles, c'est comme ça. Il y a fatalement un moment où même si tu es bac+12, tu devras choisir entre ton job et ta promo. Ou on choisira pour toi. 'Vous êtes très compétente Micheline, mais avec vos responsabilités familiales, nous pensons que vous n'avez pas la disponibilité nécessaire pour ce poste'. De la même façon, tes problèmes de boulot n'intéressent que modérément ton entourage : ils seront toujours moins importants que ceux de ton mec, qui a un vrai métier, lui. Il n'est plus seul à bosser et bien content de profiter de ton 'salaire d'appoint'? Il ne l'avouera jamais, même sous la torture. Ta belle-mère non plus.

C'est éreintant de lutter en permanence sur tous les fronts. Alors moi aussi, j'avoue, je me suis laissée aller parfois à rêver à une vie moins stressante. À presque tomber dans le piège tendu par un conjoint compatissant : 'Et si t'arrêtais de bosser? Tu pourrais t'occuper des enfants, ils seraient contents (warning 'culpabilisation') et on aurait une vie plus cool ( warning 'tu te taperais toutes les merdes administratives pendant que j'irai jouer les héros au boulot').

Et c'est vrai que parfois, on laisserait bien tomber : aller chercher les mômes le midi, les récupérer à 16h30 peinarde au lieu de rentrer hystérique du boulot à 20h30, après tout est-ce que ça vaut vraiment le coup qu'on s'emmerde au nom de notre sacro-sainte indépendance? Et bien mesdames, la réponse est (un grand) OUI!

 Ce post m'est en fait fortement inspiré par une phrase que j'ai entendu récemment lors d'un débat télévisé dont le thème était un truc du genre 'Qu'est-ce qui peut inciter des gamins français à partir pour l'Eldorado syrien?'

 En dehors de la soif d'absolu d'un ado lamba qui pense partir faire de l'humanitaire, une des intervenantes a fait un commentaire très intéressant en parlant spécifiquement des filles : chez Daesh, on sait où on va, les rôles sont clairement définis, c'est le moins qu'on puisse dire: tu arrives, on te marie, tu fais des mômes et tu sors plus de chez toi. Si ton mari meurt, on t'en trouve un autre, no soucy. Et basta jusqu'à ce que mort s'ensuive. Voilà c'est facile, pas besoin de réfléchir.

 L'intervenante disait que la perspective d'une vie toute tracée pouvait être attirante pour une jeune fille à un moment de sa vie. Et le pire, c'est qu'elle a raison (sur l'analyse du problème). Parce que la vie d'une femme 'libre', c'est aussi ça : faire des études, choisir un job, s'accrocher jusqu'à se prendre le plafond de verre sur la tronche, choisir un mec (le bon de préférence), essayer de faire des enfants dans tout ça, et se battre pour avoir droit à un week-end entre copines tous les 5 ans sans passer pour un mère indigne. Puis divorcer, se fighter avec son ex (qui n'était pas le bon finalement), refaire sa vie en se cognant une famille recomposée...bref, pas facile tous les jours.

La liberté c'est faire des choix, et parfois, quand on a un peu la flemme ou qu'on est pas suffisamment armée, trop de choix tue le choix. Et on a toujours cette bonne vieille option qui nous tend les bras : rester à la maison. Et quand tu réalises que tu vas finir aigrie à 1000% de ne t'être jamais réalisée seule à un moment de sa vie, il est trop tard: tu ne sortiras plus de ta cage.

Alors même si c'est chiant de se taper un boulot pas toujours excitant et un patron aigri, de ne pas faire des blanquettes de veau sans gluten à ses mômes le midi et de rentrer le soir parfois super pénible à en oublier d'être le soleil et le pilier de la maisonnée...Il ne faut jamais, jamais lâcher.


dimanche 24 janvier 2016

FUCK 2015




C'est tout ce que j'ai à dire : Fuck 2015, welcome 2016 (?).

Après une année pénible pour beaucoup, le passage à la nouvelle année fut plus que jamais synonyme d'espoir. Espoir de se réveiller le 1er janvier avec 10 kgs de moins, un patron décédé, des enfants agréables et un conjoint sympathique. Hé hé. Autant dire que le miracle n'a pas eu lieu, évidemment.

Donc j'ai tout de même mis un petit bémol au 'welcome 2016' car après avoir seriné avec toutes mes copines que '2016 ne pourrait pas être pire que 2015', je me dis restons prudents : Il reste toujours Daesh, Ebola, et le come back de Jean-François Coppé, c'est pas gagné.

Mais je suis une incorrigible optimiste : après s'être mortellement gavée pendant les fêtes de fin d'année et avoir repris le chemin du bureau avec une allégresse tout feinte, je reprends du poil de la bête : il neige (enfin Noël, youpi!), les jours rallongent et pas l'ombre d'un attentat depuis au moins 10 jours...J'AI LA PATATE!!

Allez, une super année 2016 à tous! (on y croit...:))




mardi 30 juin 2015

Alerte canicule : on va tous mourir



On ne parle que de ça : nous allons avoir 3 jours de beau temps consécutifs sur la France, tous nos spécialistes météo sont en alerte maximale.

Au 13h de France 2, la rédac' est au taquet sur le dossier 'Canicule'. Comme tous les ans depuis 2003, on nous distille les conseils de survie : on ne fait pas son jogging la clope à la bouche en plein cagnard, et on coupe son rosé pamp' avec de l'eau. Attention, contrairement aux idées reçues, il ne faut pas abuser de la flotte. Selon un toubib que j' ai entendu à la radio, s'il faut hydrater les personnes âgées pour éviter de les retrouver format fruit sec, il ne faut pas les forcer à avaler 2 litres par jour : on risque de les noyer (véridique). Ce serait dommage que Mémé Raymonde décède d'une overdose de Vittel.

Dans cette situation extrême, c'est important d'avoir les témoignages des envoyés spéciaux au front : Direct dans un parc à Poitiers, avec gros plan sur des gamins les pieds dans la fontaine, reportage au Foyer du Romarin, où l'activité gym douce a été remplacée par la chorale...On termine sur des scènes de panique dans les grandes surfaces : on s'arrache les ventilateurs et on fait témoigner les clients 'ha oui c'est sur y fait chaud'.

Il y a même un 'Numero Canicule' à dispo du public: 'Allo, j'ai chaud!' 'hé ben buvez madame'.

Et ce n'est le début. Bientôt, l'insupportable Catherine Laborde devrait s'alarmer du niveau des nappes phréatiques, un classique.

BON : On pourrait pas aussi se dire que ça fait du bien d'avoir un peu chaud en été?!! Qu'on est trooop contents de se balader les jambes à l'air et de sortir nos tongs?

En même temps, c'est pas la canicule qui signale le début de l' été. Non, c'est la première diffusion de Fort Boyard :).

mardi 16 juin 2015

Les Reines du Bitching

Après VOICI, les Reines du Shopping : vous allez vous dire que je fais dans le culturel le week end...

Alors c'est pas une émission qui va changer la face du monde - loin s'en faut - mais je me délecte de cette ambiance 'girly' voire 'bitchy' : pour les non initiées, 5 nanas doivent réaliser un shopping 'parfait' avec un thème et un budget imposé :  'dîner en amoureux', 'baptême de la grand-mère', 'chic sans talons', bref d'épineux défis fashion relevés plus ou moins haut la main par nos aspirantes au titre suprême.

C'est sur M6, donc le casting est savamment dosé : De la jeune, de la vieille, de la bourgeoise et ma préférée, la toujours fringante cagole Niçoise, avec ses cheveux platine et son maquillage rose nacré. Tout pour un bon choc des cultures.

Chaque candidate présente son univers et son 'staïle', et la poilade commence : Dressings blindés de jupes moulantes motif leopard, festival de pompes vulgaires, maquillage permanent...que du lourd. Puis on passe au massacre en règle de la candidate du jour par ses rivales toutes convaincues d'être chacune l'unique détentrice du bon goût : 'elle est boudinée dans sa robe', 'le turquoise lui va pas au teint', 'elle est trop vieille pour porter ça', bla bla bla. On a parfois droit à un détail chic, comme cette cougar assumée qui ne porte pas de culotte! Le shopping se termine par une 'mise en beauté', souvent synonyme de choucroute laquée ou boucles has-been et maquillage à la truelle. Pourtant aguerrie, Christina est parfois médusée par l'audace de ses candidates : 'la mini jupe moulante à 48 ans c'est pas possible ma chérie!!'.

Je me moque mais j'aime bien, parce qu'il y a des ingrédients inhérents à la vie d'une femme, quel que soit son âge : des fringues et des copines à critiquer, sport national de toute nana qui se respecte. On a toutes passé de délicieuses soirées à gossiper sur Machine qui a grossi et truc qui s'est fait une coupe de cheveux à chier, pour dire le contraire lendemain sans sourciller. Voilà un truc que les hommes ne comprennent pas, savent pas ce qu'ils ratent...

samedi 7 mars 2015

Nan, je lis pas VOICI



Il y a des trucs socialement inacceptables, qui vous casent illico-presto dans la catégorie beauf infréquentable. La lecture de VOICI en fait partie, je me le disais encore ce matin.

Comme tous les samedis, je suis en mode 'off' et j'achète avec plaisir mon VOICI. J'aime ce petit moment du début de week end, ou mon corps - et mon cerveau - sont au repos.

Mais alors que la serveuse du café dans lequel je me suis posée me demande ce que je veux boire, je me vois en train de retourner fébrilement le mag. Car comme 90% des gens, même sous la torture, je nierai: moi, lire ce torchon? Jamaaaais, ou alors chez le coiffeur, hein, comme tout le monde...

Mais le fait est que VOICI, ça m'éclate : je lis pas les articles, souvent franchement mauvais - 'Jenifer reprend son plus beau rôle, celui de Maman', mais j'aime bien les légendes vachardes des photos, et les articles genre 'les stars avant/après la chirurgie esthétique'. Parce que OUI, j'avoue, ça me fait plaisir que Beyoncé ait des boutons sur la gueule avant d'être photoshoppée. Je sais, c'est con, ça changera rien au fait qu'elle a une vie méga plus intéressante que la mienne, mais juste ça donne une sensation de proximité (relative). On peut même fantasmer : Peut-être que si on s'était fait refaire le pif et les dents, comme Blake Lively, on aurait une carrière de ouf.

Donc personne ne lit VOICI. Dans la même veine, personne n'écoute jamais de musique 'mainstream'. Ça me fait toujours marrer de voir les - fausses - playlists des pipeules, qui n'écoute apparemment que des trucs improbables et surtout méconnus du grand public :

'Et vous, Machine, vous écoutez quoi en ce moment?' 
'J'adore Hyyglügolfil, un groupe Islandais de métal classique. Un ami m'a aussi fait découvrir les PreppyGirls, un groupe de triplées malgaches qui fait une électro-pop-soul qui déchire'. 

Bref, personne n'écoute jamais Rihanna ou Madonna, non non non, trop facile.

Vraiment ça me fatigue, ces petits snobismes ridicules si répandus en France. C'est pas si grave de lire un truc pas super stimulant intellectuellement, ou d'écouter le bon gros tube dance du moment après une semaine de boulot acharné. Moi ça me fait l'effet d'une soirée entre copines : on raconte des conneries, on échange les derniers gossips, on se marre bien et on rentre chez soi détendue. Mais on a pas résolu le conflit israelo-palestinien, je vous l'accorde.

Alors pour continuer à briller en société, faites comme les stars et les bobos : inventez-vous des listes de lectures bidons ('je suis sur le dernier Nobel, bouleversant), ça devrait suffire pour meubler les minutes 'culturelles' des dîners en ville.

Vous pourrez ainsi continuer à acheter VOICI en loucedé le samedi. Le tout étant de de ne pas se faire prendre la main dans le sac et donc se taper une honte internationale : 'heu c'est pas pour moi, c'est pour ma grand-mère, hin hin'. Mon conseil : le glisser dans un mag sérieux type 'Le Monde 2', au cas où vous rencontreriez votre patron (qui lui-même a l'Equipe glissée dans son Figaro).

Bonne détente des neurones à tous...